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 Un texte sans rapport avec Gw2, pour l'amour du partage.

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Oreste Murena

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Messages : 76
Date d'inscription : 04/08/2014
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Localisation : Gré de ses pérégrinations

MessageSujet: Un texte sans rapport avec Gw2, pour l'amour du partage.   Mer 6 Aoû - 14:15

Dieu est Amour : nouvelle

1-Commencement

C'était ce sourire. Cette expression qu'il me plaisait tant de voir sur ce visage. Cette émotion qui tordait ses lèvres dans une adorable moue, idole de mon adoration. C'était ce cou, sur lequel j'avais après un instant d'hésitation promené mes doigts, cette peau sur laquelle j'avais déposé un baiser défendu. Cet épiderme diaphane où je m'étais perdu volontiers, ignorant délibérément tout ce qui m'en interdisait. C'était cette bouche, qui avait soupiré en me sentant contre elle. C'était ce corps, contre lequel je m'étais pressé, enivré d'une étreinte dont jamais je n'aurai souhaité voir la fin. C'était elle, ce fruit défendu qui m'était tombé au creux de la main, cette figure divine.

C'était tout et rien à la fois. Un instant volé, une heure et une éternité éphémères liée sous le serment du silence et de l'interdit. Dieu, que je m'étais plu à dénouer son habit de cérémonie pour la dévoiler à mon regard éperdu. Pour la première et véritable fois, je m'abandonnais à ce plaisir qu'étais l'observation de la création de dieu. Son hoquetement choqué, mêlé de cette douce intonation que pouvait réserver une voix enrouée par le désir.

Et cet acte charnel, pêché originel que je n'ai connu qu'une fois : Dieu, pardonne moi. Pardonne moi pour cette chair, excuse moi d'avoir trompé mes vœux. Mais surtout, excuse la. Ne lui tiens pas rigueur d'avoir cédé à mes avances, ne jète pas l'opprobre sur elle. Elle qui t'avait dédié sa vie, aime la, chéris la comme l'un de tes plus fidèles serviteurs, sa passion pour toi n'avait pas de limite.

Punis moi si tel est ton souhait. Mais, je ne te demande qu'une chose : un mot. Prouve moi que tu ne nous as pas abandonnés, nous, tes serviteurs. Prouve moi que tu n'as pas abandonné ta création. Je regarde autour de moi, et je ne vois que ces murs sobres, ces rudes bancs de bois où tant de personnes se sont assises pour implorer ton aide, ou te remercier. Combien de temps vas-tu rester silencieux ? Je t'en supplie, réponds moi. Un signe, un seul, me suffira. Dis moi que tout ceci n'aura pas été vain, que toutes ces années à répandre ta bonne parole n'auront été que des mots mêlés au vent. J'entends déjà les sirènes hurler, et ces hommes vêtus de bleu les suivre. Ils ne diront rien, en voyant cette rigole de carmin qui coule à mes cotés, à ce rouge tachant mes mains, à cet objet que j'ai saisi. Je n'aurai pas de moyen de prouver que j'en suis étranger.
Dieu. Si les larmes de l'un de tes plus fervents croyant peuvent t'atteindre, envoie moi une preuve que tu n'es pas un songe ou un fantasme. Crie moi que ma chère créature repose à tes cotés, et enfin je pourrais fermer les yeux.

2-Rapt

La porte de l'église n'avait même pas été fermée. Battante, elle laissait libre accès à son sein, autorisant tacitement tout visiteur désirant s'y faufiler. Des visiteurs qui, même à cette heure de nuit profonde, n'hésitaient pas à se présenter. Mais ceux-ci ne correspondaient pas à l'image que l'on peut se faire des membres d'une paroisse habituelle. Ils étaient vêtus de bleu, l'arme au poing et leur regard déterminé prouvait qu'ils n'étaient pas là pour prier. Ces hommes se déversèrent dans l'établissement sain à la manière d'une nuée de papillons, convergent tous vers ce même point comme s'il était un lanterne, n'ayant cure de leur environnement. Les vitraux, et aux sculptures étaient un spectacle réservé à un autre instant. C'était à une toute autre scène que ces être s'intéressaient. L'étrange vue d'un homme penché sur son crucifix, dont les pleurs se répercutaient sur les murs. Tout autour de lui gisaient de nombreuses bougies, de celles que l'on réserve d'ordinaire aux baptêmes ou aux messes nocturnes. Ses suppliques, violentes, n'étaient pas sans troubler ces policiers, qui eurent l'impression d'entrer sur la scène d'un crime de mauvais roman. Aux côtés de ce prêtre en tenue cérémonielle reposait le corps d'une jeune femme dans son habit de religieuse, aux deux trous sanglants trônant à la poitrine. L'intense piscine de sang dans laquelle elle nageait trahissait sa mort, et les hommes ne purent réprimer un grondement. Ils étaient de ceux qui ne pouvaient supporter que l'on fasse du mal aux femmes, de ces hommes qui s'étaient enrôlés pour la justice.

- Police ! Mettez vos mains en évidence et couchez vous à terre !
L'avertissement n'avait pas tardé. Mais le prêtre restait là, agité par ses pleurs et ses suppliques, se balançant d'avant en arrière.
- Pardonne moi, Seigneur, pardonne moi...

Mais ses mains restaient nouées autour de son crucifix. Il semblait imperméable à cette présence menaçante. Un homme en uniforme, plus enhardis que les autres, s'avança pour écarter l'homme du corps et interrompre ce pitoyable moment. Il se laissa faire, et le policier n'eut aucun mal à lui passer les menottes et à le mettre à terre. Tout était passé au crible par la force publique : aussi ils ne tardèrent pas à trouver ce couteau de cuisine reposant derrière un banc. Le sang qui le tâchait n'avait pas encore terminé de sécher, ainsi les événements récents furent à leur sens aisé à déduire. Le religieux, promptement accusé au vu des tâches de fluide vitaux décorant sa tenue, obtempéra en silence alors même qu'il fut mené dans l'une des voitures de patrouille. Celle-ci était la seule à partir, trois hommes s'y trouvant afin de maintenir le prisonnier et de le conduire au poste. Mais il n'arrêtait pas de pleurer, sa litanie répétitive ne s'interrompant que sous le coup lassé d'un gardien de la paix vindicatif. L'assassin présumé inconscient, ces braves hommes purent rapidement rejoindre leur caserne. Il ne chercha même pas à se défendre, ou même à s'expliquer. Pourquoi parler avec des hommes dont les convictions étaient déjà forgées ? Il est et sera toujours à leurs yeux le coupable.

Son avocat n'avait pas tardé à arriver, réveillé contre son grès. Il tenta de faire réagir l'homme de foi, mais n'eut aucun résultat. Il ne faisait que réagir mollement aux ordres qu'on lui donnait, avec la volonté d'un homme qui n'a plus celle de vivre. L'enquête fut bouclée rapidement, et l'homme fut accusé de meurtre peu après. Le Vatican le renia, l'homme ayant brisé ses vœux. Le plus terrible était que l'autopsie de la femme révéla qu'elle était enceinte.

Que c'était il passé ? Les théories fusaient de toutes parts. Peut être que le prêtre et la religieuse avaient une relation, mais à la nouvelle de sa future paternité le prêtre la tua sous le coup de la colère. Peut être que le prêtre avait apprit qu'une servante de Dieu avait trompé son serment, et l'a punit comme il lui semblait juste de le faire. Tant de peut être, mais aucune théorie ne pu être validée, le prêtre s'emmurant dans son silence.

3- Procès

Le procès n'avait pas tardé, et les médias se rassemblèrent à l'occasion. L'opinion publique cracha sur cet homme coupable de l'un des plus horribles méfaits, et tous étaient intimement persuadés de sa culpabilité. L'affaire déchaînait les passions, et les vigiles durent ériger des barrières pour empêcher de malheureux fauteurs de troubles de venir tromper la quiétude de l’événement.

La famille de la victime était là. Des chrétiens comme le monde en compte tant, des gens sans prétentions. Ils pleuraient, à cet instant. La perte de leur sang était insupportable, d'autant plus pour les parents proches. L'auteur présumé du crime fut qualifié de violeur, car leur enfant bénie n'aurait jamais trahit ses serments. Mais l'accusé ne répondit jamais à ces accusations. Lorsque vu le moment pour son avocat de le défendre, les gens sifflèrent cet homme corrompu qui prenaient la défense de telle pourriture. Cet homme au faciès malsain, probablement un pédophile sans que l'on le sache. Oui, les médias avaient fait leur cette affaire. Viol, et double homicide sur cet enfant à naître, la sentence était connue de tous : ce serait la peine de mort. L'avocat du prêtre était excellent, et certains professionnels pensent que l'affaire aurait pu être remportée si l'accusé avait hurlé son innocence. On proposa à l'homme de se défendre, il refusa de la tête pour hausser, pour la première fois, la voix.

- J'avoue l'avoir tué.

Ces quelques mots furent comme un détonateur. Les spectateurs tentèrent de se soulever contre le tribunal, désirant mettre à mort cet ignoble individu à mort. La salle fut évacuée d'urgence, et le criminel ramené là où était sa place. Peu de gens le remarquèrent, mais il pleurait une fois encore.

4- L’exécution

Deux semaines s'étaient déroulées de depuis le soir de mon procès. J'en garde encore un souvenir vivace et inaltérable, jamais je ne pourrais oublier le visage haineux de toute cette population qui me regardait comme si j'étais le plus grand criminel que la terre ait porté. Je n'ai vu aucun des membres de ma famille, peut être avaient ils trop honte. Je ne comprendrais jamais. Cette femme est morte à cause de moi, oui, je l'avoue. Mais est-ce pour autant que je ne suis plus des leurs ? Les soldats partant à la guerre ne sont ils pas des assassins ? Les hautes sphères politiques de chaque pays de ce monde n'ont ils pas plus de sang sur les mains que celui que j'ai eu en cette sombre soirée ? J'ai tant pleuré qu'il ne me reste plus une larme à verser.

Mais là, maintenant, que me reste t'il ? Deux heures, à peine. Mes dernières heures à vivres. Et, en mourant, je mènerai ce secret dans ma tombe. Est-ce la bonne décision ? Dois-je mourir pour elle ? A cause d'elle ? Comment ai-je pu en arriver là. Ils m'ont accusé d'être son meurtrier. Oui, je le suis. Mais l'être me brise l'âme. Je connais la réponse à ces questions. Elle n'est plus, je dois m'éteindre avec elle. Comme le feu de cette passion qui nous a animé, nos braises vont s'éteindre l'une pour l'autre.
Quelqu'un ouvre ma cellule. Mais peu m'importe. L'on m'attrape le bras avec plus de violence nécessaire. Mais peu m'importe. Je suis traîné comme un vulgaire sac sur plusieurs centaines de mètres. Mais peu m'importe. Ce châtiment, je l'ai mérité. Je n'aurai pas de public, pas de cérémonie. Je ne serai qu'un corps lancé dans une fosse.

Dieu, je t'ai demandé un signe. Tu as vu cette scène. Pourquoi n'as-tu donc rien fait ? Tu as vu le visage de cette femme que j'ai aimé de tout mon être. Tu as vu cette peur l'étreindre. Rien, aucun de mes gestes n'a pu la réconforter. J'étais près à quitter l'Eglise pour elle. Mais elle avait honte. Elle avait peur de la réaction de ses parents. Tu as été spectateur de son acte, alors qu'elle tirait ce couteau de sous sa tenue. Tu l'as vue se suicider en se frappant à deux reprise le torse pour s'assurer la mort, à elle et à son enfant. J'ai hurlé. Retiré le couteau au plus vite et déposé mes mains sur les blessures pour les contenir. J'ai supplié que l'on vienne à son secours. Mais il n'y avait qu'elle et moi, à travers cette nuit dans l'église.
Un dernier baiser, une dernière étreinte, un dernier mot.

"Désolée."

Jamais je ne pourrai vivre avec. Jamais je ne pourrais retrouver goût à cette existence alors que j'ai moi même précipité la mort de l'être aimé en l'enfantant. Tout est de ma faute, tout est mérité.
Le soleil me brûle les yeux. J'ai mal, après tant de temps à croupir dans l'obscurité de ma cellule. Je les entends exiger ma mort. Je sens cette corde se nouer autour de mon cou. C'est enfin la fin de ce supplice. La trappe tombe. Je manque d'air.

... De l'air. Je vous en supplie... De l'air...

- PARDONNE MOI !!!

Mes mots sont étranglés. Je meurs. Et l'horrible vérité est là, à mes yeux, enfin.

Dieu n'existe pas.

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Main Rouge

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MessageSujet: Re: Un texte sans rapport avec Gw2, pour l'amour du partage.   Jeu 7 Aoû - 11:36

Magnifique ! On se laisse emporter tout du long, c'est fluide et prenant. Vraiment bravo Smile
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Oreste Murena

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MessageSujet: Re: Un texte sans rapport avec Gw2, pour l'amour du partage.   Ven 8 Aoû - 6:01

Je rougis. x)
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MessageSujet: Re: Un texte sans rapport avec Gw2, pour l'amour du partage.   

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